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Mardi 2 octobre 2012 Curahuara Calteca

Mardi 2 octobre 2012 Curahuara Calteca ( Collège Claude François )

Je commence la journée par l'opération rayon mais cette fois, je vais m'épargner le démontage du pneu et de la cassette car cette fois le rayon cassé est du coté du disque. Je dois quand même démonter le disque car sinon c'est impossible et je dois le tordre un peu pour le rentrer. Par contre, je ne eux pas dévoiler la roue car car je n'ai pas de centreur de roue et j'espère que ça tiendra jusqu'à la Paz. Je me contente de le tendre un peu sans trop forcer. Puis je remonte la roue. La fille du restaurant me versera un peu d'eau avec du savon sur les mains pour me laver avec une bouteille. Car il n'y a pas d'eau courante. Avant de partir, la grand mère va me demander de repayer le repas du soir que j'avais déjà payé. Elle ne manque pas d'air la vielle ! Je refuse, en lui précisant que j'ai déjà payé la vaille et elle me dit qu'il manque des sous. Ah bon et pourquoi ? Je viens de payer le déjeuner du matin certes pas cher pour nous mais quand même. Elle ne m'avait pas dit que je devais payer pour la nuit parce que franchement, ça ne leur a rien coûte. J'ai utilisé mon matelas et mon sac de couchage et il n'y a aucune douche ni sanitaire. et pour aller aux WC, c'est dans la nature. Je lâche quelques bolivianos mais sa fille arrive et la vielle finit par remballer ses prétentions. Puis je repars et je vais trouver un peu plus loin quelques épiceries et quelques restaurants routiers. Mais ça n'avait franchement pas l'air d'être mieux que celui où j'ai dormi. Le temps s'est nettement amélioré depuis hier soir et je roule toujours entre 3900 m et 4100 avec des montagnes russes. Parfois je rencontre des femmes ayamaras qui ont fière allure avec leur grande robes multicolores et leur chapeau que je salue mais il n'y a généralement aucune réponse. Les rares qui répondent sont en général plus jeunes. J'avoue que je suis très déçu de cette attitude, d'autant plus que j'ai mis la waïpala bien visible au dessus de mes bagages. L'accueil n'a rien à voir avec celui de Sergio, l'ancien maire ayamara de Huara au Chili. Par contre, les hommes répondent plus souvent et parfois même, c'est eux qui m'abordent. Dans l'après midi, je rencontre un jeune cycliste qui monte un peu plus vite que moi ( il n'a aucun bagage ). Il habite dans un village desservi par une piste et me dit qu'il y a un magasin sur la gauche de la route. Ce n'est vraiment pas engageant, il y a une espèce de cabane en brique complètement fermée avec un toit en tôle ondulée comme il y en a beaucoup et personne. Il me dit qu'il faut appeler quelqu'un. Qui et où ? Bon je laisse tomber ce plan foireux et je repars dans le descente d'autant plus que l'heure avance et que je voudrais bien trouver un village pour dormir. Je lui demande si il y en a si ils ont loin et comment est la route. A 20 km il y en a un, c'est de la descente et il est avant la prochaine cote. Ça me paraît être un bon plan. Je file dans la descente et je le largue très vite car avec son vieux clou, dès que la vitesse dépasse 20 km/h, il ne tient plus la route ! Alors que je file allègrement à 40 ( pas plus car l'état de la route ne le permet pas et je suis quand même très chargé ) Franchement, il ne ma manque pas, ce gars n'était pas très loquace et me semblait assez bizarre. J'arrive enfin à Calteca qui est sur la gauche et il faut prendre une piste pour y aller. Je rencontre quelques gosses à vélo et je leur demande si il y a une hopedaje ou une chambre pou dormir. Il m'amènent au centre du village en contournant une vaste zone fermée par un mur d'adobe comme une forteresse. Humm pas très engageant. Puis, ils m'amènent par un chemin détourné à un belle maison à 2 étages ( la seule du village ) avec un panneau mais je n'arrive pas à bien lire ce qu'il y a dessus. On attends quelques instants et un gars arrive sur une moto. C'est le docteur du village. Tiens je me dis que ça peut être intéressant d'autant plus qu'il ouvre le portail de la maison et que c'est le dispensaire. Il ya de la place y compris à l'intérieur et en plus c'est très propre. Mais je ne sais pas pour quelle raison, c'est impossible. Il appelle le directeur du collège pour savoir si c'est possible et c'est d'accord pour le collège. Les gosses m'y amènent mais par un chemin VTT assez étroit et j'arrive à passer juste. Ça les amuse de me faire passer par des chemins impossibles et ils ne me posent pas les questions habituelles sur mon voyage mais quelques questions sur mon vélo, mais ils voudrient surtout essayer. Contrairement à l'habitude, je refuse parce que j'ai l'impression qu'ils vont faire des conneries avec ! Certains insistent mais c'est NIET ! Ils touchent partout sans savoir. Puis l"un d'entre eux qui doit avoir 12 ou 13 ans me demande si j'ai un portable ! Qu'est ce que ça peut te foutre, si j'ai un portable où pas, petit effronté ? Ils n'ont probablement pas l'eau courante chez eux mais ils ont des portables dans un village de moins de 1000 habitants qu'ils ne quittent presque jamais et où tout le monde doit se connaître de près ou de loin ... Décidément les notions d'essentiel et de superflu sont assez relatives. Enfin, je suis reçu au collège par le directeur Don Macario, qui m'indique ou je dois coucher. En fait l'enceinte en adobe fortifiée que j'avais vu au début, c'est le collège. C'est un local ( je devrais plutôt dire un débarras ) au fond de la cour et du terrain de sport ou il y a des sacs de ciment dont certains éventrés et d'autres trucs hétéroclites et une fenêtre fermée qui donne sur la rue avec des vitres très sales. Il y a juste la place pour coucher et pour mon drôle d'oiseau et les bagages. Il y a une chaise et une installation électrique comme d'habitude bricolée avec un néon poussiéreux qui ne fonctionne plus depuis belle lurette. En parallèle, il y d'autres fils qui alimentent une vieille ampoule à incandescence au milieu du local. Don Macario, le directeur me fait la démonstration, il place la chaise sous l'ampoule et pour allumer la lumière, il faut ... tourner l'ampoule dans la douille ! Et pour éteindre quand l'ampoule est bien chaude ? Et bien c'est pareil ! D'où l'appellation que de collège Claude François que je lui ai attribué. ( Claude François était ce chanteur populaire français des années 70 qui est mort électrocuté dans sa salle de bain en changeant une ampoule ) Je préférerais qu'il me dise qu'il n'y a pas de lumière. En tout cas, je lui demande d'éteindre, j'utiliserais ma lampe frontale. Il ne faut surtout pas vendre de centrale nucléaire à des gens qui ont si peu conscience des risques ! ( surtout quand c'est un directeur d'école qui fait cette brillante et lumineuse démonstration ) Je lui demande aussi d'avoir la paix avec les gosses, car il y a un petit groupe de têtes à claque qui commencent à sérieusement m'em######. ( Si il n'avait pas fait preuve d'autorité, je crois que quelques claques auraient fini par voler ... ). Par contre, il ne m'a pas dit où sont les WC et ça commence à urger. Il revient et il me dit que c'est à l'autre bout de la cour. J'y vais et là, c'est encore la surprise : il n'y a pas de porte et pas d'eau. C'est un simple WC à la turque avec une fosse dessous. En plus la fosse doit allègrement polluer la nappe phréatique. En bref,  Je n'ai jamais vu un tel état de délabrement total même à Cuba ou au Nicaragua, pays pourtant très pauvres. Morales plutôt que de faire des routes, tu ferais mieux de t'occuper des écoles boliviennes, il y a urgence ! Ou si tu veux faire des routes fais payer ceux qui les défoncent, les entreprises de transport routier. Quant à l'enseignement, je ne peux pas juger, mais vu les petits effrontés irrespectueux que j'ai vu, j'ai quand même quelques doutes. ( tous les gosses de ce collège ne sont pas comme ça quand même. ) Après avoir préparé le repas avec mon réchaud et avoir noté le nom du village et quelques autres trucs sur mon PC, je finis par dormir dans mon sac de couchage.

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